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Le Grand Webze

La dame de mes pensées (je n’entends pas par là la gardienne qui arrose mes jardinières de violettes quand je suis en vacances), la dame de mes pensées, donc, aime à me rabâcher qu’il n’est pas loisible à l’honnête homme de porter aux nues une quelconque célébrité du siècle, qu’en faisant cela on s’abaisse à mépriser son propre génie pour encenser celui des autres et que le statut de “fan” ou de “groupie” est le plus misérable qui soit car c’est la négation de toute forme de personnalité. En clair, elle est vénère qu’on puisse vénérer.

(Reconnaissons que la donzelle a son petit caractère.)

J’aime à lui rétorquer que pour ma part, j’esquive fort bien le problème en ne portant aux nues que des personnalités décédées ou en passe de l’être, et que par conséquent on ne peut pas légitimement me taxer de “fan” ou de “groupie”.

Tout au plus peut-on parler de nécrophile.

Pourtant, je dévie quelquefois de cette ligne de conduite pour flagorner honteusement certains de mes contemporains dont je juge qu’il sont dignes des plus riches encens, des plus beaux lauriers et, partout dans le monde, de petits autels domestiques amoureusement alimentés en bougies, en lueurs rougeoyantes et en portraits sous verre qu’on embrasse avec vénération et qu’on serre contre son petit coeur pâmé.

A commencer par toi, mon inestimable lectorat, que je flatte copieusement.

Et puis il y a François Rollin, que j’aime d’amour malgré l’évidente appartenance de chacun de nous deux à la fière engeance des pisse-debout (par opposition aux pisse-tassées), et toute la virulence de notre hétérosexualité respective, mais enfin les bouclettes m’ont toujours laissé un peu chose.

Colle ici ton visage pour devenir le meilleur ami d'Edouard Baer et François Rollin.

Je te confiais d’ailleurs récemment, lectorat hypermnésique, que cet immortel acteur-auteur-humoriste faisait partie de mes Succintes Trinités, à savoir mes petits “Top 3″ des gens que j’aimons bien.

Eh bien figure toi…

(nous y voilà)

… que François Rollin…

(ce phénix de l’absurbe, ce prince de l’actor’s-studio-à-très-grosse-voix)

… se lance dans une émission de télévision sur France 5, chaîne courageuse, baptisée pompeusement:


LE GRAND WEBZE

Le Grand Webze

Hommage, bien sûr, au «Grand Mezze», spectacle de théâtre-mais-pas-que, animé jadis par Edouard “Doudou” Baer en compagnie dudit Rollin.

Je t’invite à aller jeter un coup d’oeil sur le blog de ce Grand Webze (à prononcer “Webzé”), car c’est participatif, vois-tu.

Et ça s’annonce comme un grand n’importe quoi foutraque – À NE RATER SOUS AUCUN PRÉTEXTE DONC.

Par exemple, pour la première émission diffusée le 28 octobre prochain à 23 heures passées, François Rollin et Vinvin (il s’agit d’un animateur-blogueur à rouflaquettes) ont lancé des appels à candidatures sur l’internet mondial, afin de trouver:
- un prof de chinois
- un expert-comptable
- une personne qui a un problème pas trop grave mais qui souhaite tout de même en parler (si tu te reconnais dans cette définition, va, va, ton bonheur est au bout de ce clic).

Avouons que ça promet de très belles choses. Avouons que personne ne peut vraiment dire à quoi va ressembler cette émission, pour laquelle oui, je fais une retape éhontée alors que je ne touche aucune contrepartie (et encore moins le bout de mon nez avec ma langue).

Il y aura aussi, j’attends ça avec gourmandise, le très absurbe questionnaire de Prout, en hommage à feu Marcel Prout.

Ci-gît Marcel Prout et sa bien-aimée épouse Elisabeth Prout.
(Cette photo est courtesy of Le Grand Webze. En fait, je leur ai même pas demandé leur avis. Oseront-ils me faire jeter dans un cachot ?)

En somme, je m’attends un peu à ce que cette émission ne soit qu’un grand n’importe quoi devant caméra, comme à la bonne époque du Centre de visionnage (CDV comme disent les jeunes), on invite les copains, on se goberge en s’écoutant parler soi-même, et comme c’est en direct on peut toujours se dissimuler derrière LÉZALÉADUDIREK.

Comme le résume avec une concision toute professorale l’ami Rollin:

« Nous allons combler un vide mais nous ne savons pas encore lequel. »

Holala j’ai hâte j’ai hâte. J’en trépigne, j’en frétille. C’est comme la Noël avant l’heure.

Par ailleurs, je n’ai pas de jardinières de violettes, et encore moins de vacances.