Le rabbin Safari, le pasteur Chrome et l’imam Firefox

Adopter un navigateur internet, c’est comme professer une religion.

Six jolis navigateurs, dont un décédé.

Votre choix n’est pas anodin, tas de païens 2.0 ; il détermine in fine (placer un peu de latin en italique ne nuit jamais) votre Salut sur internet.

Car oui, votre Salut.

Bien sûr, comme pour toutes les religions, vous êtes prédéterminés par (l’ordinateur de) vos parents. Mais après, sitôt que vous avez l’âge de choisir à quel saint vous vouer et à quelle chapelle émarger, y’a plus d’excuse, faut assumer là maintenant.

(En fait je ne sais pas si on peut vraiment “émarger” à la chapelle. Parfois on s’y signe, c’est un début.)

De rapides statistiques de fréquentation de ce bloûg sur les sept derniers jours, merci de vos visites tas de fripons, nous indiquent que:

  • 51,5% de toi, sémillant lectorat, utilise Firefox.
  • 30,3% de toi, pétulant lectorat, se sert d’Internet Explorer (non, ce n’est pas sale).
  • 12,1% de toi, bouillonnant lectorat, est adepte de Safari.
  • Un peu plus de 3% de toi, frétillant lectorat, a adopté Google Chrome.
  • Et une proportion sensiblement égale de toi, espiègle lectorat, fricote avec un “Mozilla Compatible Agent”, type Flock.
  • Je n’ai hélas pas la ventilation de ces données en catégories socio-professionnelles, âges et couleurs de sous-vêtements. La seule chose que je peux te dire, c’est qu’il y a eu parmi toi un coquinou qui est arrivé sur ce bloûg en recherchant les mots-clés “Priscilla nue”, et qui a dû être dépité velu.

    Passons, si tu le veux bien.

    (Fringant lectorat.)

    À notre Théologie Simplifiée des Navigateurs Internet (TSNI), puisque c’est pour cela que nous sommes réunis ici, mon très cher frère.

    Je précise à toutes fins utiles que l’idée de ce billet m’est apparue en rêve sous la forme d’un ange étincelant, qui tenait dans sa main droite un livre d’Umberto Eco et dans sa main gauche une tablette iPad affichant cette subtile métaphore.

    Attention amis puristes: ce qui suit est hautement schématique et par conséquent sujet à mauvaise foi (et quand je dis mauvaise foi je pèse mes mots).

    Au commencement était Mosaic, patriarche façon Abraham qui a popularisé le monothéïsme/worldwideweb.

    De lui descendent la plupart des navigateurs, comme le montre ce bel arbre généalogique – à ouvrir sous Opera, sous les autres vous aurez du mal à zoomer sur cette image en .svg.

    Netscape

  • Séduits par cette belle idée (un seul Dieu universel au lieu d’une foultitude de divinités spécialisées/un seul réseau mondial au lieu d’une foultitude de réseaux locaux), les fidèles commencèrent à se convertir. Et c’est ainsi que naquit Netscape, le navigateur des premiers internautes.

    Portant la Révélation parmi un petit cercle d’initié, ce peuple élu, que je qualifierai de complètement judaïque, vivait dans l’attente du Messie, à savoir l’internet mondial de masse.

    Mais après une période de monopole religieux, ils furent débordés par l’essor d’un monothéïsme nouveau et à visage souriant.

  • Internet Explorer

  • Car naquit en 1995 (an 0 de notre cyber-ère), toujours de la souche Mosaic, Internet Explorer (IE). Qui lui, est notoirement chrétien, voire catholique. Et s’opposa longtemps à Netscape, présenté comme un navigateur déicide, avant de lui damer le pion.

    Construit à but missionnaire, IE devait conquérir le plus de fidèle possibles et présentait un internet imagé, coloré, cathédrale emplie de grandes cérémonies pleine d’encens et de cantiques. Le www devenait user friendly et cessait d’être un truc de geek. Alors on vit fleurir maintes “pages persos” criardes, façon “le site internet de la famille Dupont” où les photos de labrador à langue alanguie trônaient en bonne place.

    Le dogme était figé, décidé d’en haut par un pontifex maximus (Bill Ier) depuis son palais de Redmond et périodiquement retouché à la marge. Les fidèles ne pouvaient que suivre et étaient sommés d’avoir une confiance aveugle dans leurs intercesseurs avec le divin.

    Son logo n’est d’ailleurs pas sans évoquer la première lettre du mot Eglise et sa couleur, le bleu, est traditionnellement associé à la Vierge Marie.

    Notons que, résolument opposé au préservatif (verrous de sécurité), IE favorisait le développement des infections virales. Mais l’Eglise Crosoftique s’en moquait, elle dominait le marché et gagnait de nouveaux croyants en convertissant du barbare (novice de l’informatique) à tour de bras.

    Avec 96% des croyants dans son giron, l’Eglise Crosoftique ne vit pas venir le schisme et cessa toute innovation sur IE entre 2001 et 2006 – soit plusieurs siècles à l’échelle du oueb.

  • Firefox

  • Firefox, variante musulmane, en profita pour émerger. A l’inverse d’IE, Firefox ne présentait pas de théologie venue d’en haut: les textes étaient là, certes (transmis au prophète Mozilla), mais chaque communauté était libre d’en interpréter les sourates à sa convenance.

    Cette religion était syncrétique: le moteur de Netscape (Gecko), des idées prises à IE, et rajoutait son lot d’améliorations (onglets, modules) qui favorisèrent son essor, au début parmi des peuples nomades de l’internet, puis chez le grand public.

    Les imams multiplièrent les exégèses, créant plusieurs écoles de pensée (Flock, SeaMonkey, Camino, IceWeasel…), et ce fourmillement favorisa l’esprit missionnaire et conquérant de cette religion.

    Là encore le logo est éclairant: c’est le seul navigateur où le globe terrestre soit représenté. Le globe, et donc les cinq continents. Qui rappellent les cinq piliers de l’islam, mais oui, et ce n’est pas du tout du tout tiré par les cheveux hein.

    Le choc était inévitable, et la Croisade fut mise sur pied pour défendre les lieux saints. Cet affrontement est d’ailleurs toujours en cours, puisque Firefox taille régulièrement des croupières à IE.

  • Safari

  • Quid du peuple élu des premiers temps du oueb? Il survécut sous forme de diaspora, avant de peut-être de se reformer et se reconstituer dans son opposition à IE, avec Safari et sa variante kabbalistique, Konqueror.

    Safari, dont le nom rappelle à la fois “séfarade” et “séphiroth” , a longtemps été réservé aux seuls utilisateurs de Mac. Eux seuls avaient droit au salut dans la foi safarique, faite de l’immuabilité des traditions Apple (design épuré, fidélisation de la communauté des croyants) et de différenciation (souhaitée ou subie) avec le reste de l’humanité.

    Même constat pour le logo: une étoile s’y dissimule, même si les esprits chagrins, oh il s’en trouve toujours, voudront n’y voir qu’une bête rose des vents.

    Quant à Konqueror, c’est une version développée pour l’environnement KDE de Linux, il rappelle la Kabbale (notons la récurrence du K) en ce que les lignes de codes, bon, c’est pas à la portée du premier venu (même si justement, KDE est un environnement bureau plus “user friendly” que bien d’autres distributions).

    Mettons que Konqueror, c’est la Kabbale version Madonna quoi.

  • Chrome

  • Dans cette cosmologie déchirée aux quatre vents, Google a tenté le coup de la Réforme avec Chrome. Et vas-y que je te brûle ma bulle papale, et vas-y que je réinterprète à ma sauce le www, et vas-y que je lutine un peu ma bourgeoise (mais la lumière éteinte).

    Car avec l’Eglise Chromique Réformée, on est clairement dans un schisme bien bien luthérien, voire calviniste.

    Austère. Glacé. Efficace. La grâce divine ne se mesure qu’à l’aune de la rapidité de chargement des pages, et qu’importe si tu aimais bien tes jolis petits modules Firefox bien pompeurs de bande passante: LES PREMIERS CROYANTS N’EN AVAIENT PAS BESOIN, EUX. Non mais. Revenons aux fondamentaux.

    (Cela étant, on peut quand même personnaliser un peu Chrome, c’est le revers de la médaille d’être une Eglise réformée et anticentralisation: y’a plein de petites sectes qui émergent.)

    Chrome, c’est la prédestination dans toute sa splendeur: à ceux qui abandonnent l’Eglise Crosoftique, ils connaîtront le salut et la béatitude qu’offre tout un panel d’applications web-based (logiciels utilisables via un navigateur, sans installation). Car il est écrit que les incroyants, la putain de Babylone et ces salopards de transubstanciateurs replets n’auront à terme plus droit de rêver à ce paradis plein de nimbes, de nues et d’anges asexués quoique dodus (baptisé “CLOUD COMPUTING”. Coïncidence ? M’étonnerait.)

  • Opera

  • Reste Opera. Il est pénible, Opera, c’est pas un navigateur “abrahamique” (c’est-à-dire “mosaïcien”): il descend pas des autres navigateurs, il n’est pas schismatique, il est juste là quoi.

    Et il est innovant – peut-être le plus innovant de tous.

    Pour maintenir la stabilité interconfessionnelle, nous nous contenterons donc de cette brève observation: OPERA EST HÉRÉTIQUE ET, PAR CONSÉQUENT, MÉRITE DE BRÛLER EN ENFER.

    Point.

  • Attention amis puristes: tout ce qui vient d’être dit est complètement bousculé par l’émergence des navigateurs mobiles, sorte d’Apocalypse au sens de “Révélation”. Certains survivront, d’autres périront, mais tous ne seront pas sauvés. Bien fait pour ces losers.

    Je conclurai en t’invitant, lectorat fidèle à tel ou tel culte, à ne pas te tromper d’icône sur ton bureau.

    Alors, mon très cher frère, avec la cohorte des hiérarchies angéliques, nous pourrons nous écrier, bras ouverts, coeur en joie et face tournée vers le Seigneur:

    « O Browser, where art thou ? »

    (Amen.)

    Posté le: février 8th, 2010
    Catégorie: Eurêka
    Tags: , , , , , ,
    Commentaires: 14 Comments.

    L’échelle du bonheur

    Succulent lectorat, je suis vraiment d’excellente humeur ces temps-ci ; aussi j’m'en vas t’conter ce qu’est l’Échelle du bonheur.

    (Afin que tu puisses bien mesurer toute l’excellence, ces temps-ci, de mon humeur.)

    Droopy hyper enthousiaste.

    Pour schématiser, l’Échelle du bonheur est à l’euphorie ce que celle de Richter est aux vastes patatras.

    Un outil de référence.

    Une manière de rendre objectif le subjectif, RIEN QUE ÇA OUÉ, conçue jadis par un de mes anciens colocataires.

    Tu peux l’utiliser chez toi aussi.

    Lorsqu’au hasard de mes péripéties, un ami me dit: “Nan mais là tu vois, je suis heureux”, ma curiosité naturelle, ainsi qu’une jalousie bien légitime, me poussent à lui demander: “Ah ouais connard ? ET DE COMBIEN ?”

    L’Échelle du bonheur (EdB), qui s’écrit constamment en gras parce que son intitulé se déclame façon Jean-Pierre Marielle, comporte dix échelons.

    Pas neuf échelons. Pas douze échelons.

    Dix échelons, afin, notamment, de pouvoir l’expliciter en nombre de doigts. Ainsi, si vous êtes à cinq sur l’EdB, vous êtes à “auriculaire-gauche”. Ce qui est bien mais pas top. Si vous êtes à huit sur l’EdB, vous figurez à “majeur-droit”, ce qui est, admettons-le, bien mieux.

    Dès leur plus jeune âge, les enfants savent compter.

    (En l’occurrence, ce jovial poupard semble à huit sur l’EdB.)

    D’où l’expression: “Je suis à deux doigts du bonheur le plus extatique”, que ces dames susurrent volontiers au plus fort d’inavouables galipettes à composante digitale.

    Valable à un instant T, l’Échelle du bonheur va donc de 0, le suicide, à 10, “le bonheur sans faille pour les six mois à venir”.

    Oui, je sais, ça fait ONZE échelons.

    Oui, je sais, on n’a pas assez de doigts.

    Est-ce à dire que les gens qui ont une vilaine malformation des mains, genre doigts surnuméraires, sont bien plus heureux que leurs contemporains ?

    Sans hésiter, je réponds OUI.

    On concevra que le 10, à l’instar du 20 en dissertation de philo, n’existe pas. Personne ne peut dire: “je suis à 10 sur l’Échelle du bonheur“, sous peine de succomber à un arrêt cardiaque provoqué par une surdose d’adrénaline. Faut pas déconner avec l’extase.

    On concevra itou qu’on atteint très rarement le 9. C’est exceptionnel, un 9. Faut vraiment que tout aille bien pour être en mode “index-droit”.

    Enfin, le célibataire endurci aura noté que le mariage, c’est-à-dire l’alliance passée à l’annulaire gauche, correspond à peine à un 4 sur l’EdB. Ce qui prouve à quel point c’est surfait de convoler avec bobonne.

    Voilà.

    Maintenant que tout le monde a bien compris là.

    Je peux annoncer, roulement de tambour, que, ces temps-ci, à la faveur d’une conjoncture étonnamment favorable, je suis très très heureux.

    “Ah ouais connard ? Et de combien ?”

    Hé ho heu hein.

    Disons que J’OSCILLE ENTRE 7 ET 9 sur l’Échelle du bonheur.

    Je me le note en majuscule, en prévision de dans six mois, quand je serai retombé au fond du gouffre.

    Mais pour l’instant y’a pas grand-chose qui va mal: j’ai décroché un travail à vie ; je reviens d’un week-end coolos certes frisquet mais coolos en Pologne ; mon coeur est un petit papillon chamarré ; je n’ai toujours pas de cirrhose ; plus que deux mois avant le printemps ; on cherche sans trop se presser un nouvel appart de coloc plus mieux que celui qu’on a déjà et qui est déjà bien ; j’ai un long voyage loin loin prévu pour l’automne prochain ; oué oué ça va quoi.

    J’ai même esquivé, pour la première fois depuis quatre ans, la terrible MALÉDICTION DU MOIS DE NOVEMBRE, où les pires merdes s’acharnaient sur moi avec sadisme.

    Énorme vague d’euphorie dans ma vie ces derniers temps.

    L’occasion de réhabiliter feu Ménélik, pour qui tout baignait itou:

    On va faire chialer dans les chaumières, Coco

    (Voire même dans les chaumines, y’a pas de raison.)

    Tous les soirs, à l’heure où la soupe clapote à gros bouillons sur la gazinière, il est de bon ton de compatir au malheur d’autrui.

    Voilà pourquoi David Pujadas ou Laurence Ferrari prennent un air concerné pour égrener les avis d’obsèques d’alpinistes imprudents, de Proche-Orientaux-qui-faisaient-leur-marché-quand-badaboum et autres petits garçons impubères enlevés et violés dans le Nord-Pas-de-Calais.

    Une photo de Laurence et David où personne n'est gagnant

    J’ai donc choisi, charitable lectorat, de dresser aujourd’hui une petite liste des Ingrédients nécessaires aux émotions médiatiques.

    Car enfin, pourquoi parle-t-on plus du charcutage opératoire d’un chanteur à barbiche que de la mort de milliers de petits Darfouris le ventre gonflé de malnutrition ?

    Question d’émotion, Coco. Mâme Michu veut du sang, elle veut du poil, mais elle veut avant tout que ça meure/viole pas trop loin de chez elle.

    (Histoire d’avoir des compassions sanitairement acceptables. Rapport aux maladies, tout ça.)

    Les variables à prendre en compte pour une bonne histoire d’ouverture du 20 heures, quelles sont-elles ?

    • Proximité

    Ah oui, ne viens pas m’emmerder avec trois Birmans qui se touchent la nouille le jour où un jeune se fait poignarder dans son collège de Seine-Saint-Denis. Une bonne histoire, elle pourrait arriver à Monsieur Lambda en bas de chez lui.

    C’est le fameux ratio morts/kilomètres : 50 morts au Nigeria, c’est une brève en fin de rubrique ; 50 morts en France c’est six jours de “Une” dans tous les journaux.

    • Célébrité

    Un bon vieux fait divers n’en est que plus piquant si en plus l’un des protagonistes est une célébrité. Exemple, les tribulations judiciaires de Roman Polanski. Ou le meurtre de Katia Lherbier et Géraldine Giraud, fille de l’acteur Roland Giraud. Ou la mort de Marie Trintignant (deux célébrités, double jackpot).

    • Barbarie

    Aaaah nous y voilà. Si y’a viol, si y’a torture, si y’a des détails salaces et/ou choquants, bah ça fait le tour de la planète. Façon Natacha Kampusch ou Josef Fritzl. Ou Michel Fourniret. Ou Marc Dutroux.

    • Fanatisme

    Extrême-droite, terrorisme, religion ou secte, tout ce qui peut amener à jouer les kamikazes est bon pour l’audience.

    • Période des fêtes

    Fait pas bon tuer quelqu’un dans une période où l’actualité est creuse.
    Et fait vraiment pas bon le faire quand en plus les téléspectateurs, gavés d’huîtres et de foie gras, sont enclins à faire des papouilles à leur prochain et à vouloir résoudre la faim dans le monde en donnant au Téléthon.

    • Civils-qui-passaient-par-là

    Un militaire qui cane, c’est, mettons, dans l’ordre des choses. Mais pas la mort de mères de familles éparpillées par une explosion à l’heure de faire les courses, ou l’enlèvement de touristes occidentaux, ces gens à sandales et sac banane qui ne demandent qu’un peu de délassement annuel dans leur morne quotidien de contribuables. D’où l’émotion générée par les catastrophes naturelles, type séïsme ou tsunami.

    • Collègues journalistes

    Avouons-le, entre journalistes on est assez corporatistes: quand on voit un collègue dans la panade à l’autre bout du globe, on en parlera plus volontiers que si c’était un simple dentiste de province.

    Et pis quand Machin part jouer les centaures au Bazoukistan, il fait ça pour vous informer, tas d’ingrats, alors poupougne.

    • Enfance

    Petit enfant = gros titre. Point.

    Conséquence, en suivant cette logique, LE MEILLEUR FAIT DIVERS DU MONDE serait:

    L’enlèvement, le viol et la torture à mort de la petite chanteuse Priscilla, perpétrés le jour de Noël à Tourcoing par une secte de journalistes vénérant Jordy, puis le suicide de milliers de fans transis de désespoir.

    Priscilla sourit vous en faisant un bras d'honneur.

    Quelqu’un la prévient du risque qu’elle court, la pauvrette ?

    (Cela dit, finir dans Faites entrer l’accusé, c’est une manière comme une autre de faire son come-back médiatique.)

    Merci Professeur Rollin

    (Promis, après ce coup-ci j’arrête les citations-hommages.)

    « Lettre à une femme avec laquelle on a passé une nuit et c’était chouette mais c’était un peu n’importe quoi mais c’était chouette

    François Rollin, un grand professeur respecté

    Chère… (écrire ici le prénom de la personne, si on en a eu connaissance, et que de surcroît on s’en souvient),

    Je veux vous dire à quel point je garde un souvenir ébloui de la nuit d’amour que nous venons de passer ensemble. Je ne me souviens pas de tout – le lieu de nos ébats, en particulier, m’échappe au moment de les évoquer -, mais j’ai la certitude que c’était exceptionnellement chouette, et très coloré. Je repense avec fièvre à vos yeux pers et à vos lèvres purpurines, à votre visage de toute beauté surmontant, au moyen d’un cou gracieux, un corps du même métal. Je songe aussi, avec nostalgie, à la partie de backgammon à qui-perd-gagne inversé que nous jouâmes sur le coup de 4 heures, en dégustant ces prodigieux yoghourts papaye-topinambour que vous stockiez si intelligemment dans votre havresac.

    En ce qui me concerne, c’est quand vous voudrez. »
    François Rollin, Les Belles Lettres du Professeur Rollin (2007)

    Janvier

    « Janvier est de très loin le mois le plus saumâtre, le plus grumeleux, le moins pétillant de l’année.

    Pierre Desproges sautillant

    Les plus sous-doués d’entre vous auront remarqué que janvier débute le premier. Je veux dire que ce n’est pas moi qui ai commencé.

    Et qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise…

    Dieu merci, cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de « Bonjour à tous », j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire. »
    Pierre Desproges, Chroniques de la haine ordinaire (1986)

    « Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière-pensée politique, mais ça m’étonnerait qu’il passe l’hiver. »
    Ibid.

    « Oui. »
    Charles de Gaulle, Mémoires de guerre (1954)

    Posté le: janvier 2nd, 2010
    Catégorie: Pêle-mêle
    Tags: , ,
    Commentaires: No Comments.

    “Just say: bon voyage”

    2008 fut l’année de la cuite.

    2009 oscilla entre année de la meuf et année de la teuf — sans vraiment choisir son camp d’ailleurs.

    2010, c’est sûr, sera l’année d’une vaste opération « Let’s Leave Paris ».

    Ah bé oui carrément hein.

    Disposant officiellement des meilleurs amis du monde, j’ai reçu comme cadal d’anniversaire un compte dans une agence de voyages.

    Décollage immédiat

    Histoire d’aller voir de plus près quelque lointain pays. Et puis m’en revenir, plein d’usage et raison, vivre entre mes parents tout ça tout ça.

    (Les meilleurs amis du monde, je te dis.)

    (Mmmh.)

    (À moins que ces enfoirés ne veuillent se débarrasser de moi.)

    Reste à définir la destination ; et là je ne te cache pas que je suis indécision. À l’origine, ma petite chimère c’était l’Amérique du Sud. Un vaste endroit où les jeunes filles courent nues sous leurs ponchos et, surtout, où il y a des lamas.

    *** Circonflexions présente: SERGE LAMA, BERNARD LAMA ET UN LAMA ***

    Serge Lama, Bernard Lama et un lama

    *** Circonflexions vous a présenté: SERGE LAMA, BERNARD LAMA ET UN LAMA ***

    Oui, mais ça c’était avant que je me rende compte que j’ai un cousin à Ottawa, un autre dans le Maine, une amie à Mexico, une autre en Équateur, une troisième à Johannesbourg et une collègue de téléachat à Montréal.

    Dilemme ! Abîme !

    Et pis d’ailleurs, où aller en Amérique de le Sud ? L’Argentine tient pour l’instant la corde, mais ne me l’a pas encore passée au cou. Car le Chili de haut en bas (ou de bas en haut) ça me plaît assez comme concept, par exemple.

    Raaah mais les Balkans, aussi, ça me dirait bien. La Scandinavie m’ensorcelle. L’aire slave m’envoûte. Le Proche-Orient m’emballe.

    Bienveillant lectorat, tu l’auras compris: je suis homme de lubies.

    Comme a priori je l’envisage en solitaire, il faut qu’il y ait un concept à ce voyage, un prisme, une belle histoire. De quoi habiller un peu la réalité toute nue.

    Réenchantons nos vies rabougries, que diable.

    Pasque partir pour partir, ça manque de storytelling. Non, il faut partir “sur les traces de quelque chose”. Un peu comme Barney, le geôlier d’Hannibal Lecter dans la tétralogie de Thomas Harris, qui rêvait de voir toutes les œuvres de Vermeer avant de mourir. En voilà un bon concept.

    Alors faute d’inspiration immédiate, faisons dans le participatif.

    Si tu as des conseils, des recommandations, des super idées à me soumettre, bah tu me laisses un petit commentaire, tu m’envoies un petit mail, et beaucoup d’angelots joufflus te le rendront au centuple.

    Je te promets même, car je suis pas chiche, une carte postale de là-bas.

    All aboard, c’mon, join Team Zissou.

    «Goodbye, Steve.
    —Don’t say that, even if it’s true. Don’t say that. It’s too painful.
    —What do you want me to say?
    —Just say: ‘bon voyage’.
    —Bon voyage. »
    The Life Aquatic With Steve Zissou (2004)
    Aboard with team Zissou

    E Mare Libertas (toi aussi fonde une principauté)

    Sur l’échelle de la coolitude, être prince d’une principauté se pose là.

    Recherché par les meilleures sociétés, coqueluche des jolies dames, le prince de principauté fait tout comme en se jouant.

    « Il est toujours avantageux de porter un titre nobiliaire. Être de quelque chose, ça pose un homme, comme être de garenne, ça pose un lapin », écrivait Alfonse Allais, qui gâchait son petit effet en arborant à tout propos un désespérant canotier.

    Alphonse Allais et son canotier

    Hélas, il se trouvera toujours quelque grincheux pour vous contester la rutilante prothèse d’état-civil que vous aurez usurpée.

    Surtout si vous vous prétendez “Gégé Grimaldi de Monaco” ou “Frédo, prince du Vatican”.

    (Ça risque de se voir.)

    Pour autant, l’homme du monde devrait-il renoncer à jouir du clinquant prestige de porter particule ? Les exemples de René des Musclés (R.I.P.) ou de Filip des 2B3 (R.I.P.) nous enseignent que non. Leurs décès, étrangement consécutifs, laissent d’ailleurs penser qu’on leur a fait payer cette audace mais je n’en dis pas plus, la vérité éclatera un jour et les têtes tomberont.

    Aussi, plutôt que de passer vos dimanches à regarder le foot ou tricoter des chandails, je vous invite à consacrer vos loisirs à la fondation d’une principauté.

    C’est ce qu’a fait l’éminent Roy Paddy Bates, ancien major de l’armée de Sa Très Gracieuse Majesté, en fondant Sealand.

    Sealand - Les Rough Towers

    Précisons en préambule que Roy Paddy Bates, ancien major de l’armée de Sa Très Gracieuse Majesté et ex-prince de Sealand désormais à la retraite, serait un proche du vicomte Philippe Le Jolis de Villiers. Je n’ai pas vérifié, c’est Viquipédia qui nous l’indique.

    Une information, bien sûr, à prendre avec des pincettes de conditionnel.

    Mais à part un copain présumé du potentat de Vendée et un ancien major de l’armée de Sa Très Gracieuse Majesté, qui est donc Roy Paddy Bates, prince retraité de Sealand ?

    La question est excellente et je te remercie.

    Cher lectorat.

    De me l’avoir posée.

    Roy Paddy Bates, ou Paddy Roy Bates, on trouve les deux, est un ancien animateur de radio pirate, façon “Good Morning England“.

    Il fait un temps brumeux, ce matin de décembre 1966, quand l’ami Paddy et des copains s’installent sur la plate-forme militaire désafectée de Rough Towers, au large des côtes anglaises. Un genre de Fort-Boyard-sans-Père-Fourras édifié après 1940 dans les eaux internationales, et censé protéger l’estuaire de la Tamise d’éventuelles incursions nazies.

    (Car en leur temps, les nazis incursionnaient beaucoup. Polonais et Bretons en gardent un souvenir ému.)

    Ni une, ni deux, Paddy, qui a pris auparavant l’avis de jurisconsultes pour vérifier que la plate-forme échappe bien au droit britannique, déclare l’indépendance de l’endroit, sous le nom de “Sealand”, et s’en proclame prince régnant.

    CLASSOS.

    Après quoi, il la dotera d’une constitution, d’un gouvernement, d’un hymne, d’une monnaie, d’un drapeau, d’une devise latine (“E Mare Libertas“, “À partir de la mer, la liberté”) et même d’armoiries en bonne et due forme.

    Blason de la principauté de Sealand

    Armes qui se blasonnent: “Tiercé en barre, de gueules, d’argent et de sable”. C’est fou.

    COÏNCIDENCE: les Rough Towers ont été construites sur un banc de sable, puis conquises par un ancien militaire fort en gueule, qui a résisté à un assaut de la Royal Navy, à un vaste incendie ou encore à une tentative de putsch interne de la part d’un ancien copain, et cette microprincipauté de 550 m2 pourrait rapporter pas mal d’argent au prince héritier, Michael, fils de Son Altesse Roy Paddy, si quelqu’un daigne la racheter.

    Car Sealand, oui-da, était, aux dernières nouvelles, à vendre.

    Une bien belle idée-cadeau-pour-les-fêtes-de-fin-d’année, admets-le.

    Petit tour du propriétaire.

    Joli, hein.

    D’autant que la Grande-Bretagne, semble-t-il, préfère tolérer un bien inoffensif État fantoche au large de ses côtes plutôt que d’en faire un martyr sous l’œil des caméras étoutétout. Comme on les comprend.

    Sealand est un exemple parmi d’autres.

    Citons notamment la principauté de Hutt River, sur la côte ouest de l’Australie. Ou Seborga, en Italie, et son charismatique “Prince Giorgio Ier”, ex-fleuriste du village, autoproclamé en 1963 et plébiscité par ses concitoyens par 304 voix contre 4.

    Des micronations autoproclamées, y’en a un paquet. Sans parler de toutes celles qui, simples utopies, ne revendiquent aucun territoire précis et ont fleuri en marge d’internet, ce vaste minitel mondial ouvert à toutes les fantaisies libertaires.

    Des chercheurs, comme cet universitaire québécois (article très intéressant ma foi), se sont même penchés sur ce phénomène des micronations autoproclamées, dont la Toile a accéléré la médiatisation… et donc la multiplication.

    C’est assez amusant, au final, de voir comment une potacherie de hippies chevelus peut déboucher sur une situation diplomatique intenable, où des Etats constitués n’ont aucun moyen d’interdire ces Etats d’opérette en leur sein… car engager une lutte (juridique ou militaire), ce serait leur offrir la reconnaissance dont ces derniers rêvent.

    Belle revanche de la poésie sur le réel, n’est-ce pas Giorgio ?

    -”SI, È VERO.”

    Giorgio Ier, prince de Seborga

    Posté le: décembre 23rd, 2009
    Catégorie: Pêle-mêle
    Tags: , , , , , , , , , ,
    Commentaires: 2 Comments.

    L’édifiante et irréfutable théorie de “l’envie de pipi”

    (Ou plus simplement,  de « l’urgence du besoin mictionnel comme fonction de la proximité géographique des gogues ».)

    Salut c'est Marcel Duchamp

    Après des années de recherches fébriles et d’expériences sophistiquées, d’espoirs radieux vite douchés (et je pèse mes mots) par d’acides désillusions (et je les repèse), je suis en mesure de dévoiler les conclusions que l’empirisme le plus opiniâtre a su arracher, pied à pied, aux arcanes de la Création.

    Car !

    Distingué lectorat.

    Aujourd’hui, là, maintenant, pour ne pas dire incontinent (et je n’ai jamais autant pesé mes mots), j’ai très très envie de te parler d’urinoir.

    Plus précisément: du besoin métabolique qui nous pousse souventes fois par jour à aller faire pissou.

    Et pour rendre les choses plus didactiques, cette théorie dite “de l’envie de pipi” (TDEP) te sera expliquée, avec maints exemples et force maquettes aimantées, par le truchement de FREDÉJAMY de l’émission C’est pas sorcier.

    Salut c'est Marcel Duchamp

    Dans le duo FREDÉJAMY, Fred, c’est plutôt le candide, le baroudeur, le mec qui se pose plein de questions, qui va sur le terrain, qui met la main à la pâte, les pieds dans le plat et le reste où ça lui chante, hein, ça nous regarde pas tant que tout le monde est pubère.

    Et Jamy, c’est plutôt celui qui a des lunettes.

    (Comme dans le journalisme, un peu. Y’a les enquêteurs et pis y’a les agenciers. D’un côté l’acharnement, de l’autre la rigueur. Quand on arrive à exceller dans les deux, en général les confrères vous décernent un prix et Maman pleure à chaudes larmes. C’est la consécration. On dit alors que ça s’arrose.)

    Retrouvons nos deux amis pour une bien innocente saynète.

    La scène se passe dans le camion de Marcel. Intérieur jour, maquettes à la con un peu partout.

    FRED, se balançant d’un pied sur l’autre comme un danseur de polka:

    Jamy, j’ai super mal au ventre, je crois que j’ai envie de pipi.

    JAMY, blasé:

    Va crever.

    Passons rapidement sur la rupture qui semble couver entre nos deux compères et pourrait même mener, dès le prochain “mercato télévisuel”, à une recomposition croisée de deux couples d’animateurs en fin de course: Fred et Charly d’un côté, Jamy et Lulu de l’autre.

    FREDÉCHARLY:
    Fred et Charly
    JAMYÉLULU:
    Jamy et Lulu

    Non, ce qui nous intéresse ici, c’est l’étrange angoisse qui semble étreindre le coeur de Fred à l’idée que le camion soit dépourvu de latrines.

    Écoute bien, ça se complique là.

    Énoncé de la TDEP:
    « L’envie d’uriner en milieu urbain se ressent avec d’autant plus d’acuité que le chiotte référent (celui du chez soi) s’éloigne géographiquement, et ce même si la zone parcourue regorge de lieux publics d’aisance. »

    Justification de la TDEP:
    Attention, on parle bien de ressenti, là. Le ressenti de l’envie d’uriner est plus fort hors du logis que dans le logis, voilà, c’est un fait. On se plaint très rarement d’avoir envie de pisser lorsqu’on est chez soi. En général on se lève et on fait ce que doit.
    L’angoisse de la vessie trop pleine est donc une angoisse qui culmine chez le touriste en pays étranger: comment faire comprendre à tous ces sauvages dont certains, si ça se trouve, n’aiment pas la blanquette de veau, qu’on est en quête de petit coin ? Et ce même si, en toute logique, chaque magasin, chaque restau, chaque station service comporte FORCÉMENT son chiotte.
    L’angoisse de la vessie trop pleine est donc une peur irrationnelle que l’Homme, dans sa lutte pour la survie, tente d’atténuer par des stratégies (plus ou moins) rationnelles, ainsi que nous l’allons voir tout de suite.

    Corollaires de la TDEP:

    • Lorsqu’on évolue en zone de mauvaise couverture chiottesque (« Merde ça capte hyper mal ici, j’ai que deux cuvettes. »), le ressenti de l’envie, insoutenable, pousse à maximiser toute halte dans un havre transitoire, sur le mode : « atta, atta, je vais aux toilettes ici, je sais pas si j’en trouverai après. » C’est la Maximisation du vidage.
    • Lorsqu’on est chez soi, avec des toilettes toutes proches, à disposition, offertes, bah on attend d’être bien gorgé pour sortir de dessous sa couette dedans le froid, parce que bon, tout de suite ou dans cinq minutes, ça change pas grand chose, autant que je finisse mon chapitre/film/ébat amoureux avec mon (ou ma) partenaire de vie. C’est la Maximisation du remplissage.

    On constate à l’évidence que la miction n’est pas l’acte instinctif et populacier qu’on a bien voulu nous décrire.

    Oh ça non.

    Nenni, tiens, même.

    C’est un acte réfléchi, qui repose sur une stratégie consciente ou inconsciente, bonne ou mauvaise, laquelle tend vers un seul But, un unique Grand Dessein, l’Accomplissement de toute une vie : avoid to wet your panties.

    Allez hop, en voiture Marcel.

    « TOILETTES. Vous ne viendez plus chez nous par hasard. »

    Des chiffres et des litres

    Publication du bilan comptable de la dernière grosse soirée en date à la coloc du cœur (*) :

    25 bouteilles, 34 canettes (précédente soirée: 19/53 ; consensus des analystes: 20/40).

    Bouteilles et canettes

    Commentaires:
    Les bouteilles ont clairement surperformé le marché au 4e trimestre, affichant une croissance de 31,6%, à 25 unités consommées, soit un ratio de quasiment une bouteille par convive tous contenus confondus (vins, alcools forts, débouche-évier de type cognac transnistrien). Ce bon chiffre, bien supérieur aux attentes des analystes, permet de compenser le déclin du segment canettes (-35,8% à 34 unités), lequel a souffert d’une exposition moindre dans le frigo par rapport à la visibilité du bar façon “baignoire-remplie-de-glaçons” déployé lors de la précédente énorme teuf, en avril dernier.
    L’activité sur le marché des binouses a également pâti d’un effet stock (11 canettes restées planquées dans un emballage de Schönbrau, la “bière blonde de luxe” de chez ED), ainsi que de bases de comparaison défavorables par rapport à la précédente teuf, organisée au plus fort de la crise et marquée par l’explosion du segment Houblon, valeur à bas coût privilégiée par les convives.

    Perspectives:
    Le segment des Vins et Spiritueux, grâce à un ratio quantité ingurgitée/degré de défonce extrêmement favorable, devrait continuer à croître sur la période, porté notamment par l’approche des fêtes de fin d’année, où chacun devrait y aller de sa petite bouteille de champ’ et/ou de son petit blanc liquoreux qui va bien.
    Toutefois, les mauvaises performances de la division Brasserie ne doivent pas faire oublier que le marché des canettes devrait rebondir l’année prochaine à la faveur de la Coupe du Monde de football.

    Loïs, colocataire et analyste chez La coloc du cœur Asset Management, a dit:
    “Les gens ont beaucoup amené du vin en fait, pas trop de bières”.

    La prochaine grosse soirée dedans la coloc du cœur devrait se traduire par la poursuite de ces tendances de fond, susceptibles de pousser les investisseurs à miser sur une valeur d’avenir comme le tire-bouchon, au détriment notamment du marché des décapsuleurs.

    (*) La coloc du cœur c’est là ousque j’habite. C’est une colocation dans le sens où on est deux à payer le loyer, et c’est le coeur dans le sens où c’est complètement à-la-vie-à-la-mort. Et que j’ai le droit de coller ce que je veux sur les murs des toilettes. Même une photo WTF de Didier Barbelivien intime, en pantalon de velours rouge avec un juke box, des bagouses, un bibendum et l’air le plus aigri du monde.

    Didier Barbelivien intime

    Cette évocation de Didier “Avec-Nicolas-on-se-connaît-depuis-près-de-trente-ans” Barbelivien tombe à pic pour te prévenir, ami lecteur, que je vais recycler ici un passe-temps qui était mien il y a deux-trois ans: les nécrologies de personnalités pas mortes.

    À l’imparfait du subjectif

    « Sa vie se racontait dans ma tête à l’imparfait, cette vitre de musée des héros littéraires. » (Alexandre Vialatte, Les Fruits du Congo, 1951)

    Vialatte prend de la hauteur

    (La vie est toujours beaucoup plus belle du haut d’une borne kilométrique.)

    Posté le: novembre 26th, 2009
    Catégorie: Pêle-mêle
    Tags:
    Commentaires: No Comments.